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L’affaire Bettencourt devenue affaire d’Etat, n’a pas fini de faire parler d’elle. C’est le feuilleton politique de l’été 2010, le Watergate de l’omniprésident français... Nicolas Sarkozy n’aura pas réussi à fermer la parenthèse du scandale avec son intervention télévisée. La cartouche de l’interview corvéable sur France 2 a fait long feu, comme un pétard mouillé un jour de fête nationale. Depuis, d’autres pétards à forte déflagration ont explosé dans le ciel des révélations, contre Sarkozy, Woerth et leur clan. Enquêtes de police, gardes à vue, avocats, journalistes qui fouillent, …, ça fuse de partout dans les médias.

La démission de l’honnêteté faite homme, Eric Woerth, de son poste de trésorier de l’UMP après 17 ans de bons et loyaux services - d’abord au RPR, puis à l’UMP - est un contre-feu trop tardif pour être efficace. Là aussi, cela donne l’effet d’un pétard mouillé. Emportant avec lui tous les secrets d’une comptabilité créative d’ici au 30 juillet, Woerth avoue à contretemps son péché de conflit d’intérêts. Par ailleurs, l’homme lige de Mme Bettencourt, décoré de la Légion d’Honneur pour le même Woerth, l’a lâché en garde à vue. Comme le relate le Monde, M. De Maistre, en 2006, a appelé Eric Woerth à la demande d'André Bettencourt, qui souhaitait financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. "Je l'ai [M. Woerth]vu ensuite deux ou trois fois début 2007, dit M. de Maistre, parce qu'il m'a demandé de recevoir sa femme et ce pour essayer de la conseiller sur sa carrière alors, me disait-il, qu'elle n'était pas entièrement satisfaite". On connaît la suite, l’époux modèle Woerth construit vainement une muraille de chine entre le job de sa femme, son job de ministre du budget et son job de trésorier UMP, avec une muraille de silence encore plus épaisse, sur le trafic d’influence et le financement douteux du camp de Sazkozy…

Pour ajouter en crédibilité, l’ex-secrétaire et ex-major d’homme confirment les affirmations de la comptable Claire Thibout. On sait maintenant que les Bettencourt finançaient en liquide des personnalités politiques françaises classées à droite, en sus de donner légalement - et par chèque – aux différentes officines montées pour collecter des fonds. Des enveloppes krafts amélioraient l’ordinaire des politiques en campagne permanente. Cela représente des centaines de milliers d’euros, en amont de la présidentielle de 2007. Bien entendu, on prétend au Château où réside le vainqueur de 2007, que tout cela n’est qu’affabulations. Il n’y a pas de preuve donc pas de lien entre l’affaire de « mamie gaga » de Neuilly, riche à milliards, et Nicolas Sarkozy. Juste un mauvais concours de circonstances, avec un procès familial parti en vrille, du petit personnel frustré qui s’est rebiffé, des médias « fascistes », … 

 

Et comme un imbécile, le sous ministre Wauquiez, n-1 de Woerth, renforce la lumière sur le financement d’une myriade de micro-partis politiques de droite, servant de discrètes pompes à fric. Pas malin d’aller courtiser les banquiers de la City pour financer sa propre écurie, en marge d’un voyage ministériel.  Ça fait « pris la main dans le pot de confiture », une nouvelle marmelade à soucis pour le gouvernement… Ils le font exprès pour plaider/crier au complot de la gauche, contre la réforme des retraites et pour faire monter l’extrême droite ? Il y a un concours de la plus grosse connerie avant les congés, avec remise de prix en Conseil des Ministres ? C’est un private-joke pour faire aboyer Lefebvre, Morano, Estrosi et Bertrand ?

 

Toutes ces affaires créent un climat qui devient putride et délétère, l’on se demande où cela va s’arrêter. Malgré la canicule au Sud, la torpeur de l’été n’empêche pas l’indignation citoyenne. C’est tellement gros !!! Cela jette une lumière crue sur le pacte de 2007 : servir la cupidité de l’upper-class en se faisant élire - avec leur soutien, financier et médiatique - gardien de leurs intérêts, par une masse de nigauds à qui l’on a promit de « travailler plus pour gagner plus » avec un verni de « république irréprochable ». De l’esbroufe XXL, qui valait bien un toast au Fouquet’s.

 

Alors que l’on a célébré cette semaine la révolution française, mère de notre démocratie moderne, tout cela est à désespérer les démocrates et républicains français de tous poils, de droite comme de gauche. Il n’y aura bientôt plus qu’un seul pare-feu pour empêcher que l’Elysée ne brûle, c’est la dissolution de l’Assemblée nationale pour nommer un gouvernement de coalition en attendant les prochaines élections présidentielles. Un proverbe chinois dit « que le poisson commence toujours à pourrir par la tête ». Il faut en tirer une leçon et remodeler la gouvernance de l’Etat français, avant que ces affaires n’affaiblissent complètement l’exécutif. L’on ne peut attendre mai 2012, avec une telle ombre de soupçons permanents sur la probité du plus haut niveau de l’Etat. Seule une dissolution peut rebattre les cartes dans le respect des institutions. Si l’affaire Bettencourt prospère, il n’y aura bientôt plus d’autre choix pour Sarkozy. Sinon, la France deviendra totalement ingouvernable et ingouvernée.

 

 

Tag(s) : #Politique

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