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Ça sent la fin de règne à Paris, celle où l’on se permet tout et n’importe quoi car on ne sait pas de quoi sera fait demain. L’allègement de ISF, à la fois au niveau du seuil d’entrée mais aussi et surtout des taux, est un cadeau pour 2011 aux amis du Fouquet’s alors que le bouclier fiscal disparaîtrait en 2012. Toujours ça de pris aux pauvres… La posture « contre » les actionnaires pour qu’ils partagent une miette de leurs dividendes avec les salariés, au travers d’une prime obligatoire en principe et défiscalisée, au montant discrétionnaire, permet d’élever un rideau de fumée sur la réforme de l’ISF qui profite aux plus riches.


Ça sent les années dix neuf cent trente, soit un sacré retour en arrière pour un président qui voulait la rupture pour projeter la France dans un futur mondialisé. Depuis 2007, Sarkozy et sa bande ont fait sauter les digues du politiquement correct. Ils ont piqué la recette dans le placard des Le Pen père et fille : l’étranger comme bouc-émissaire des problèmes de la France. Ainsi, Guéant ajoute sa sauce qui a le même goût que celle d’Hortefeux, pour légitimer un discours clivant, voir ouvertement raciste et populiste que tient son patron.  

 

Avec ce nouveau paysage politique, des néo-réactionnaires médiatiques  (Zemmour, Lévy, Rioufol, Ménard, Brunet, …) sont montés en puissance jusqu’à saturer les ondes et les plateaux TV. Ces néo-réac des médias sont-ils des relais complices du pouvoir en place, sorte de génération Sarkozy décomplexée qui vise à pousser l’opinion publique française toujours plus à droite ? Pousser Marine Le Pen pour tirer Nicolas Sarkozy dans les sondages, est-il une stratégie raisonnable ?

 

 

Je suis inquiet car ce populisme pourrait mener au fascisme. Les digues sont fragiles et nos institutions mal en point, la crise économique est installée et l’injustice sociale encouragée, … La dérive vers la bassesse des idées simplistes pour éviter d’affronter un monde complexe, ne peut être une solution pérenne. La question est : peut on échapper au populisme, et dans l’affirmative, comment ?  

 

 

Le populisme n’est pas une fatalité, mais le symptôme de la médiocrité du personnel politique, prêt à tout pour être élu et réélu pour continuer à profiter et faire profiter du système. C’est notre manque d’exigence démocratique, qui le laisse prospérer alors que nos institutions nous protègent mal. Comme tout notre personnel politique n’a pas touché les tréfonds du médiocre, il devrait y avoir des voix à gauche, mais aussi à droite pour le dénoncer, pour poser les limites que nos valeurs rendent indépassables, pour porter des idées en forme de contre-argumentaire au populisme.

Face à une médiocrité politique qui induit la médiocrité médiatique de certains qui jouent leur égo pour servir des idées d’égouts, il y a peu à faire si ce n’est nourrir le débat contradictoire…

 

Pour lutter contre le populisme, l’on devrait pouvoir compter sur le sens des responsabilités de l’opposition. C’est la petite musique que joue François Hollande, la même qu’entonnerait DSK. Soit un discours de vérité, habillé de justice social. Ça ne fera peut être pas rêver les français, mais ça redonne du sens à la politique.

 

L’on devrait aussi pouvoir compter sur l’actuelle majorité parlementaire UMP. Si l’on croît l’information dévoilée par le Canard Enchaîné il y a quelques semaines, la projection pour les législatives 2012 sur la base du vote des cantonales donne 120 sièges à l'UMP au lieu des 374 actuellement détenus, soit 2/3 des députés de la majorité qui iraient au tapis. ;-) Suivre leur chef dans son délire populiste ne semble pas payant électoralement pour les députés, de quoi faire réfléchir plus d’un élu de la majorité pour en appeler au retour à la raison et aux valeurs du centre droit…

 

 

Tag(s) : #Elections 2012

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