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Le premier tour des sénatoriales indiquait une poussée de la gauche, le second tour lui donne une majorité pour remporter la présidence du Sénat le 1er octobre prochain. Au comptage de 20h, dimanche 25 septembre 2011, l’UMP encaisse une rude défaite et l’opposition « gauche plurielle » gagne la majorité à la Chambre Haute. Perdre le Sénat est un séisme politique pour la droite, sous la Vème République ce n’était jamais arrivé !!! C’est une humiliation pour Sarkozy ;-). Billet joyeux pour analyser les conséquences de ce résultat inédit au Palais du Luxembourg.


 

A moyen terme, après les élections de 2012, tenir la Chambre Haute sera un avantage conséquent, si la droite perdait la présidentielle et les législatives (ce qui n’est pas improbable). Mais laissons ce moyen terme, hypothétique, et intéressons nous aux conséquences immédiates, d’ici quelques heures, quelques jours, quelques semaines…

 

 

La perte de la majorité au Sénat va générer du doute dans les rangs de l’UMP. Ce « miracle » Sarkozy jamais réalisé par un président de droite sous la 5ème République, va faire douter à la fois élus, cadres et militants UMP. L’UMP moquait les primaires du PS, pérorait sur leur recherche calamiteuse d’un leader quand la droite avait déjà son champion. A 30 semaines du 1er tour de la présidentielle, ce champion de 2007 s’avère être un canasson qui a mal vieilli pour courir et gagner en 2012, la casaque est fanée. L’UMP est devenue une marque repoussoir, même pour les grands électeurs ;-)

 

Il flotte dans l’air automnal une envie d’alternance, un désir de tourner la page d’un quinquennat épuisant, alors que Sarkozy est démonétisé aux yeux des français. Cela augure mal une entrée en campagne électorale de l’UMP et de son « champion » pour 2012. Va-t-on entendre des voix à l’UMP réclamer en urgence une primaire à droite, un « traitre » au sein de l’UMP va-t-il se porter en recours face à Sarkozy qui mène à la défaite ? Peu probable à mon sens, toutefois, JL Borloo devrait se sentir pousser des ailes. Le doute n’est pas le bon allié de l’engagement, aussi, si Sarkozy persiste à se présenter (ce qui est probable), les troupes vont aller mollement au combat, d’aucuns faisant le pari de l’alternance en 2012 pour jouer la passe en vue de 2017…


Effet collatéral du doute et de la démonétisation de l’UMP de Sarkozy, les parlementaires de la majorité vont se montrer de moins en moins dociles vis-à-vis de l’exécutif. Ils vont jouer la différenciation à fond pour ne pas se présenter aux législatives de juin 2012 comme des godillots de Sarkozy et de Fillon. C’est vrai pour les centristes déjà partiellement affranchis, mais cela l’est aussi pour les députés UMP. Cela va tendre les relations au sein du groupe UMP de l’Assemblée Nationale et entre ce groupe et le gouvernement, alors que l’adoption de la loi de finances 2012 ne s’annonce pas comme une sinécure…

 

Enfin, le climat des affaires avec les révélations sur les circuits financiers de l’affaire Karachi après celles des valises françafricaines de billets de Robert Bourgi, ne va pas arranger les choses au sein de la majorité. Coups bas pour coups bas, boules puantes contre boules puantes, les clans vont envoyer du bois dans une violente lutte de pouvoir. Si l’horizon 2012 semble perdu pour la clique de Sarkozy, d’aucuns vont mener bataille pour préparer le coup d’après de 2017 (et mettre à terre et hors course le clan Sarkozy/Copé).


 

Le Sénat passe à gauche, la guerre des droites va s’intensifier, et nous n’avons pas fini de nous amuser à compter les points et les coups ;-) Toutefois, le PS ne doit pas s’endormir sur ses lauriers et miser sur le Tout Sauf Sarkozy. Les français méritent mieux qu’un vote de rejet, alors que la crise économique et sociale fait rage. N’oublions pas que le FN est posté en embuscade…

Tag(s) : #Elections 2012

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