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Mon billet d’hier sur « los indignados » / « les indignés » espagnols avait visé juste dans l’air du temps politique européen. Les éditorialistes français de ce lundi, qui commentent les élections régionales et locales espagnoles, ne peuvent que prendre en compte ce nouveau phénomène politique qui « vole » la victoire au Parti Populaire et envoie les socialistes à Canossa. « Los indignados » n’ont pas gagné un seul siège, mais ils mettent le logiciel de la société espagnole en question.


La fin d’édito du Monde daté du 24 mai, trace un parallèle intéressant entre le printemps arabe et « los indignados », une sorte de leçon pour l’Europe qu’auraient intégré ces espagnols indignés : « si le peuple parvient à changer le cours des choses dans une dictature, il doit lui être possible de le faire dans une démocratie ». « Los indignados » remettent en question le duopole du PSOE et du PP, leur refusent une légitimité démocratique confisquée par des politiciens, au mieux sourds des attentes réelles du pays et au pire corrompus. «  Vous ne nous représentez pas ! » adressent-ils à la classe politique, socialistes et conservateurs mis dans un même sac. Aussi, si le PP sort vainqueur de ces élections, il l’est au prix d’une défaite symbolique. La démocratie semble maintenant se réinventer hors des cénacles politiques, la société civile espagnole veut corriger le système sans passer par les politiques et leurs organisations toujours prompts à défendre l’intérêt de l’oligarchie.

 

Alors que dans beaucoup de pays d’Europe, la météo politique est au populisme et à la crispation identitaire, l’Espagne, cette jeune démocratie nous montre une manière rafraîchissante de se réapproprier la politique. Peut être a-t-elle encore un souvenir assez frais de la guerre civile pour innover là où de vieilles démocraties se laissent ronger par de vieux démons. Toujours est-il que son peuple est capable de s’organiser de façon citoyenne pour dire stop, on s’arrête et on réfléchie ensemble pour refonder le société, sans violence, sans anarchie ni débordement. Une génération éduquée se prend en main et demande des comptes aux aînés aux manettes du pouvoir depuis longtemps, qui lui offrent un avenir sombre fait de rigueur et d’austérité, sans perspective…. Une jeunesse interroge la solidarité intergénérationnelle et l’héritage vicié reçu en partage… C’est une première en Europe et cette indignation semble féconde J 

 

 

Ce « ni PSOE ni PP » qui portent « los indignados », devrait faire réfléchir à l’UMP et surtout au PS. Ce que j’entends du psychodrame que se jouent les socialistes depuis que DSK est hors jeu, me laisse à penser qu’ils vivent hors sol, déconnectés des réalités et des attentes du pays.

 

J’entendais hier soir Gérard Collomb, maire de Lyon et sénateur socialiste du Rhône, par ailleurs baron du PS (et ancien supporter de DSK), sur France Inter dans l’émission politique du dimanche soir. Gérard Collomb argumentait sur la nécessaire mise en œuvre d’un sabordage des primaires pour tenir compte de l’élimination de DSK, par souci de rassemblement… Argument inaudible pour ma part, car la candidature de DSK n’avait rien d’un plébiscite couru d’avance pour un homme au costume de défenseur de l’oligarchie… Cela ne conduit en rien une candidature automatique de la première secrétaire, Martine Aubry face à Nicolas Sarkozy. Avec Hollande, Royal, Aubry, et peut être d’autres, les primaires ne sont pas attendues comme une confrontation guerrière entre clans, mais comme une étape de débat avec et sur la société française, pour forger un projet alternatif et désirable à la reconduction du sarkozisme.

 

Le candidat béni des sondages étant mis hors course à Paris pour une affaire de mœurs délictuelles à New York, les cartes de l’élection présidentielle française sont rebattues. Une affaire privée d’un membre de la famille ne jette pas l’opprobre sur la famille toute entière, voilà la ligne de défense en honorabilité d’un PS qui ne se veut pas débiteur d’un vieil oncle libidineux. Leur champion remisé en une semaine, les socialistes doivent maintenant revenir sur le plancher de la réalité des français, sous peine de voir fleurir un mouvement d’indignés dans l’hexagone d’ici au printemps 2012… Il est grand temps de tourner la page DSK et que les socialistes français inventent un nouveau logiciel de société. Sinon, ils finiront balayés…

 

 

Tag(s) : #Politique

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