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Réflexion sur la mondialisation de l’énergie verte. Un secteur qui a végété pendant 30 ans ou presque, le contre-choc pétrolier ayant coupé les ailes des utopistes des années 70. Les allemands (principalement) ont maintenu la « flamme écolo », ce qui a entretenu et développé le secteur des énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, solaire thermique, …) tout au long des années 1990/2000. Ils ont inspiré largement la directive européenne sur les énergies renouvelables (20% EnR  2020). Faut dire que les allemands croient que l’énergie atomique est une énergie de transition dont nous pourrons nous passer d’ici 50 ans…

 

Alors que le pic pétrolier est derrière nous (2006), nous assistons à une évolution de la géopolitique énergétique. L’énergie verte, n’est plus seulement un enjeu politique allemand, ni une lubie européenne, mais un secteur stratégique pour la Chine (et le monde). Pays/continent en forte émergence, la Chine a fait le pari d’un secteur émergent à très fort potentiel en y investissant des dizaines de milliards d’euros.

 

Ce n’est donc pas un hasard si les panneaux solaires chinois se déversent sur tous les continents (Europe, Amériques, Afrique, …), mais la résultante d’un investissement public/privé aiguillonné par le bon sens. Le 21ème siècle va être impacté par les questions énergétiques et du changement climatique. Aussi, développer plus rapidement que les autres pays du monde un secteur industriel stratégique (solaire en autre), c’est prendre un avantage compétitif sur les autres. La Chine ne connaît pas le poids des lobbys conservateurs du fossile et du fissile, qui hantent et plombent l’occident. Aussi, c’est sans scrupules ni lourdeurs, qu’elle développe son outil industriel des énergies vertes massivement exportateur (subventionné par les consommateurs et contribuables européens) pour parcourir au plus vite la courbe d’apprentissage des technologies d’énergie verte. La boulimie énergétique insatiable de la Chine sera bientôt nourrie d’énergies vertes, à mesure de leur compétitivité. En attendant, la Chine surfe sur l’appétence écolo de l’occident, pour booster son outil industriel EnR, tout en investissant dans sommes faramineuses en matière de R&D. Elle compte s’imposer sur le marché –inéluctable et massif – de production de technologies d’énergie verte. Sa « planification » ne fait plus aucun doute en la matière.

 

Aussi, si nous pouvons nous lamenter sur l’importation de modules photovoltaïques chinois. Nous pouvons aussi nous interroger sur une Chine qui ne produisait guère plus de modules solaires que le France à l’aube des années 2000, et qui est devenue le leader mondial avec l’Allemagne en 2010. Avec son économie planifiée dopée aux fonds souverains, le Chine solaire a su s’imposer sur un secteur quasiment délaissé par la France, entravé par son atom’cratie...

 

 

Dans la « civilisation post peak oil », la sécurité énergétique est très loin d’être un vain mot. Aussi, la maîtrise et la production de technologies d’énergie verte ne peuvent être retardées/délaissées/abandonnées… La France se doit d’être ambitieuse en la matière. Le marché mondial de l’électricité solaire pesait à peine quelques centaines de MW en 2000, il pèse environ une quinzaine de GW en 2010 et pèsera sans nul doute une centaine de GW à l’horizon 2020. De quoi donner raison (à la Chine, à l’Allemagne, à la Corée du Sud, au Japon, aux USA, …) et à la France de parier sur le développement de l’énergie solaire…

Tag(s) : #Solar Buzz

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