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sarko-neo-leader-maximo.jpgNicolas Sarkozy, président de la France jusqu’au 6 mai 2012, a du mal à intégrer que le progrès évolue au fil des époques, et a encore plus de mal à accepter que le PS veuille réduire la part du nucléaire dans le mix électrique français. C’est viscéral pour lui, la France a pris un engagement éternel avec l’électricité nucléaire que personne ne devrait remettre en cause. Le candidat non déclaré de l‘UMP fait en ce moment campagne pour les intérêts du secteur nucléaire. Le pire, c’est que cette campagne de lobby atomique n’est pas financée par le secteur, mais par nos impôts qui payent les déplacements très coûteux d’un président en campagne électorale non déclarée.

 

 

Je rebondis ici sur ses propos, lus dans un article du Monde à propos de sa visite au Centre national d'études spatiales (CNES) de Toulouse qui fêtait ses 50 ans de 22 novembre 2011. « J'entends de plus en plus de discours qui s'opposent à l'idée même du progrès, y compris sur des sujets qui faisaient consensus à droite comme à gauche ».

 

Ainsi, pour Nicolas Sarkozy, renoncer à une part prépondérante et hégémonique du nucléaire dans le mix électrique national serait s’opposer au progrès. Son progrès daté années 70/80, c’est la centralisation ultime avec EDF en situation de monopole pour exploiter le parc électronucléaire français. Au-delà, point de salut. La libéralisation de l’énergie, la décentralisation énergétique et les énergies renouvelables n’ont pas de place dans cette modernité française datée d’il y a trente ans, même si elles s’imposent dans la modernité mondiale du 21ème siècle en marche. Cette exception culturelle française en matière énergétique, est une singularité difficile à défendre face à la mondialisation technologique, c’est complètement « has been » ! Doit-on laisser les bénéfices de l’industrie des énergies renouvelables au reste du monde, pour être les seuls champions du nucléaire ? Notons à titre accessoire, qu’Angela Merkel est la chancelière d’un peuple d’arriérés qui veut sortir de la trajectoire du progrès selon Sarkozy ;-)

 

Cet ancien consensus politique français à droite et à gauche à propos du nucléaire, Sarkozy y revient en parlant d’un héritage qui risque d’être dilapidé par une alternance politique, sous entendant que le PS en cheville avec les Verts, veut léser les générations futures en introduisant plus d’énergie renouvelable dans le mix français. Pour lui, il faut placer le secteur nucléaire en dehors du domaine démocratique… « Vous travaillez dans un secteur dont les enjeux se comptent en décennies. Vous ne pouvez pas connaître des ruptures du fait d'alternances démocratiques. Il doit y avoir un consensus lorsque l'intérêt de la nation est en cause, c'est mon rôle de ne pas laisser dilapider un héritage que nous avons reçu et que nous n'avons pas le droit de perdre »… « En clair, il n'y a aucun avenir dans une stratégie de décroissance [du nucléaire, ndlr]. Engager la France sur cette voie, vos enfants le paieraient très cher ». 

 

A Toulouse, Sarkozy a placé la prédominance de l’électricité nucléaire au rang « d'intérêt de la nation » mis en cause, rien de moins ! Selon lui, le nucléaire est un héritage élevé au niveau d’un trésor républicain, et Sarkozy voudrait faire passer Hollande et le PS comme des traitres à la nation à cause de leur appétence à développer massivement les énergies renouvelables.

 

Cette posture de lobbyiste ultra-nuc est totalement absurde, pour un président qui a ratifié et transcrit une directive européenne sur les énergies renouvelables qui induit que la part du nucléaire baisse inexorablement, pour laisser plus de place à l’électricité verte (23 % EnR de la conso énergie en 2020, c’est 30 à 35 % d’électricité renouvelable, en fonction de nos performances sur la chaleur et les transports). Soit une part du nucléaire qui passerait en dessous des 65 % en 2020, par rapport aux 75% d’aujourd’hui ! « S’il n'y a aucun avenir dans une stratégie de décroissance » du nucléaire, c’est que Sarkozy ne respecte pas la signature de la France !

 

Un président qui avait lancé un Grenelle de l’Environnement qui devait être un new deal économique. Résultat, le secteur des énergies renouvelables français souffre, nous prenons du retard vis-à-vis de nos engagements européens et de nos voisins, celui du photovoltaïque est à l’agonie…  

 

 

A Toulouse, Sarkozy s’est posé en défenseur d’une modernité dépassée, non mise à jour car soumise aux intérêts du secteur nucléaire qui prend les français pour une vache à lait, une poche profonde inépuisable pour payer leur folie technologique, quels qu’en soient les risques et leurs coûts. Sarkozy est un des chefs de l’atomcratie, il le revendique ouvertement pour sa campagne électorale, se faisant lobbyiste en chef du nucléaire. Je ne suis pas certain que cette position dogmatique et outrancière, serve sa crédibilité… Tout le monde à droite n’est pas d’accord avec cette vision « soviétique » du secteur électrique, et le candidat ne voudra pas définitivement pousser les entrepreneurs des green-tech dans les bras de son challenger...

 

 

 

Ce billet aura sans nul doute une seconde partie, vendredi 25 novembre 2011, Nicolas Sarkozy sera dans la Drôme pour de nouveau parler de nucléaire à l’occasion d’un déplacement de campagne électorale non déclarée. Ce sera l’occasion d’une seconde partie au billet « Sarkozy lobbyiste en chef du nucléaire ».

 

 

Tag(s) : #France atom’cratique

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