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Le titre du billet m’est venu d’un dessin de Chappatte paru dans le Temps de Genève, vu dans Courrier International. En un clic, j’aurai pu poster le dessin à la rubrique « no comment » du blog. Toutefois, il m’a donné envie d’écrire quelques lignes sur la suite de la défaite UMP aux sénatoriales, alors que la gauche préside maintenant au Palais du Luxembourg. Le courant ump-défaitiste pour 2012 va-t-il devenir majoritaire dans le camp du président ?


 Chappatte Tripoli Morbihan Le Temps

Comme prédit au soir de l’élection sénatoriale, la droite s’est mise à douter et l’UMP est en train d’imploser. Il aura fallut moins d’une semaine pour que l’idée d’un « recours » à la candidature « naturelle » de Sarkozy pour 2012, franchisse le Rubicon  médiatique (après avoir percolé au 55 rue de La Boétie, siège de l’UMP).  Juppé et Fillon sont les plus souvent cités pour être un recours, un bruit auquel bien entendu ils n’accordent aucun crédit, pour le moment…

 

Qu’un général victorieux il y a une demi décennie, vous promette la victoire pour 2012 en enchaînant les défaites électorales dans une vilaine spirale, ça ne galvanise pas les troupes. Résultats électoraux calamiteux, opinion publique défiante, climat délétère avec les affaires, crise qui brouille l’horizon et chômage qui perdure, …, retours des permanences parlementaires, tous les voyant sont au rouge pour les élus de l’UMP.

 

Pour eux, la prise de Tripoli ne compense pas la perte du Morbihan, loin s’en faut. Les grands électeurs ne sont que la partie émergée de l’iceberg du mécontentement et du désaveu. Que l’UMP soit lâchée par un électorat rural, âgé et plutôt conservateur est de bien mauvaise augure. Car c’est un cœur de cible qui vote souvent à droite, qui avait voté Sarkozy en 20007 et qui est en train de s’évaporer pour 2012.

 

Si le recours est pour le moment une hypothèse à faible probabilité, d’aucuns à l’UMP - et au centre - évaluent l’hypothèse de l’alternance avec une relative bienveillance. Je l’ai lu dans le Figaro, la pravda de la Droite pourtant acquise au Château. Ils ne sont pas tous obsédés à se positionner pour 2017 en faisant la passe sur 2012. Pour eux, la motivation pour l’alternance en 2012 est de reconquérir des territoires locaux. Après les défaites successives depuis 1995 à presque toutes les élections intermédiaires et locales, mouvement qui s’est amplifié durant le quinquennat de Sarkozy, ceux là pensent qu’avec l’alternance en 2012, ils pourront surfer sur le mécontentement vis-à-vis d’une majorité nationale « gauche plurielle », pour reconquérir villes, départements et régions à partir de 2014. Le Figaro écrit, à propos ce courant ump-défaitiste pour 2012 : « une cure d'opposition n'est pas forcément pour leur déplaire. D'autant que pour eux, «François Hollande est un homme d'Etat» dont ils n'ont pas peur à la tête du pays ». C’est perfide pour Sarkozy de lire ça dans le journal tenu par un ami…

 

Si les petits et les grands barons de l’UMP ont plus à gagner avec une défaite de Sarkozy qu’avec une victoire improbable, c’est beaucoup dire que leur engagement sera « total » derrière Nicolas 1er pour 2012. Le doute devient un paravent utile pour préparer le coup d’après, et commencer à prendre leurs distances d’un président devenu un boulet pour leur camp.

 

 

Le mot « recours » va monter dans les médias, assaisonnés sous formes de titres et de questions, attisés par les querelles d’ambition et les rivalités claniques. Un mot tabou avant les sénatoriales, qui ne peut que progresser en unité de bruit médiatique. Ce mot « recours » est le symptôme du doute, un marqueur d’une majorité fébrile vis-à-vis de son candidat naturel pour 2012. Des ingrats, tous ceux là qui goûtent plus les charmes de la Bretagne que la campagne de Libye.

 

 

Source de l'illstration : dessin de Chappatte paru dans le Temps, Genève, source CI n1091

Tag(s) : #Elections 2012

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