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72% des français ne veulent pas payer leur électricité plus cher pour sortir du nucléaire. Cela fait une manchette en page deux du Monde daté du 15 avril. Ainsi 72% des français ne seraient pas prêt à accepter une augmentation du prix de l’électricité pour sortir du nucléaire, selon une étude Opinion Way du 13 avril. Toutefois, selon la même étude, une majorité de français (57%) se déclare néanmoins favorable à l’arrêt du nucléaire.


Paradoxale ? L’étude est intéressante comme une photo de l’opinion, selon la classe sociale et le positionnement politique. Oui à une sortie du nucléaire mais sans payer plus cher, voilà l’état majoritaire de l’opinion. Toutefois, l’étude est largement biaisée car elle se garde bien d’évaluer le coût du maintien de l’option nucléaire. C’est là une manipulation de l’atom’cratie.

 

La limite de l’étude est de ne présenter l’augmentation des prix de l’électricité qu’en  regard de la sortie du nucléaire. Alors que le maintien de l’option nucléaire va mécaniquement augmenter les coûts de l’électricité, pour prolonger la durée de vie des centrales, faire des provisions conséquentes pour leur démantèlement et le stockage des déchets ultimes. Et ce, sans compter les dépenses de sûreté dues au retour d’expérience de Fukushima. Soit un mur de plusieurs dizaines de milliards d’euros pour l’option nucléaire – qui coûtera que l’on sorte progressivement de l’atome ou qu’on maintienne l’option active à plein – qui va devoir nécessairement être intégré dans le prix du kWh d’EDF.

 

La compagnie nationale d’électricité réclamait une augmentation de 30 à 40 % du prix du kWh d’ici 2015. Le gouvernement a jugulé artificiellement l’augmentation réclamée par EDF pour 2011, en renvoyant les décisions véritables à mi 2012. Sauve qui peut, on cache la poussière sous le tapis et l’on renvoie les décisions douloureuses au prochain gouvernement (et les déficits à combler aux prochaines générations). Il ne fait toutefois aucun doute que les ordres de grandeurs sont les bons, plusieurs dizaines de milliards d’euros pour entretenir l’option nucléaire. A iso-conditions avec le maintien de l’option nucléaire comme source prépondérante de production de l’électricité en France, les prix de l’électricité vont augmenter de façon considérable.

 

Mais jamais à proportion de la responsabilité financière qu’endossent malgré eux les contribuables. Ainsi, l’assurance contre une catastrophe nucléaire n’est pas couverte pas la police de la compagnie d’électricité, mais par le pays, soit les contribuables. Au Japon, Tepco a sa responsabilité engagée à hauteur d’un milliards d’euros, tandis que les dégâts se chiffrent en dizaines voir centaines de milliards d’euros… Les sources d’énergie alternative seraient fondées à bénéficier de cet avantage compétitif. Car si la prime d’assurance du nucléaire était incluse dans le prix du kWh, celui-ci dépasserait l’euro, soit la plus chère des énergies !!!

 

 

Alors, l’option de sortie du nucléaire est-elle finalement plus chère que celle du maintien avec l’intégration de la prime de risque, des dépenses de sûreté et des provisions pour démantèlement et gestion des déchets ? Impossible à dire car il n’y a jamais eu de transparence dans les coûts de la filière électro-nucléaire, mais ça vaudrait la peine d’être étudié, à livres de comptes ouverts...

 

L’un des enjeux des prochaines années est d’économiser l’électricité (et l’énergie), car elle coûtera de plus en plus cher. Il ne faut pas se voiler la face. Sortir ou maintenir l’option nucléaire aura un coût, et le pris du kWh d’électricité est durablement indexé à la hausse.

 

La question pour la présidentielle 2012 va être l’acceptabilité sociale de l’augmentation du coût de l’électricité (et de l’énergie). Va-t-on vers des tarifs plus complexes et différenciés, qui proposeraient des kWh à prix modique pour l’essentiel, à prix inflaté pour la base, et en forte hausse pour le confort ?

 

Il n’y a pas de réponse simpliste, pour un pays qui a fait le choix de se chauffer au nucléaire. Ce choix des années 80 va avoir des conséquences sociales douloureuses, qui vont se payer d’ici 2020.

  

Tag(s) : #France atom’cratique

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