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Deux ONG, Les Amis de la Terre et Peuples Solidaires, ont lancé début octobre un vote public électronique pour l’élection des prix Pinocchio 2009. Pour cette 2nde édition du prix Pinocchio, douze entreprises françaises ont été nominées, dans trois catégories : environnement, droits humains et greenwashing. Toutes se disent en faveur du « développement durable » alors que leurs pratiques réelles ont des impacts lourds et négatifs pour l’environnement ou les populations locales. A l’issue du vote, une cérémonie publique de remise des prix sera organisée le 24 novembre 2009 à Paris.

 

Les « heureuses honteuses » entreprises nominées cette année sont : Total, Michelin, BNP Paribas, EDF, Bolloré, Accor, Peugeot, Crédit Agricole, Perenco, Herta, Société Générale, et France Betteraves. Avec de véritables « exploits » cachés derrière le marketing et le papier glacé des rapports d’activité, à la hauteur de la récompense au long nez : « violation des droits sociaux, destruction de forêts, pollution locale, émission de gaz à effet de serre, communication biaisée, publicité trompeuse, etc : les doubles discours des multinationales n’ont pas cessé avec la crise et les promesses de réforme. Les citoyens vont pouvoir choisir leurs pires entreprises françaises de l’année 2009 ! », nous dit Gwenael Wasse des Amis de la Terre.

 

Les Prix Pinocchio mettent en lumière de nombreux abus concrets et documentés. Remerciements à ces ONG qui font campagne pour responsabiliser des entreprises chantres des bonnes pratiques de façade.

 

Pour en savoir plus sur ces douze nominés, et voter pour les Prix Pinocchio 2009, rdv en ligne. Pour ma part, le choix fut difficile, car les concurrents sont aux coudes à coudes dans leur catégorie. Néanmoins, mes nominés choisis sont :

 

Prix Pinocchio "Droits humains" : BOLLORE

Groupe de l’ami de l’omniprésident, qui fait dans les médias, les ports, les voitures électriques, les matières premières... C’est pour l’exploitation de salariés dans les plantations d'huile de palme au Cameroun, que Bolloré et nominé. Les conditions de travail de ces ouvriers ont été décrites par plusieurs journalistes qui ont enquêté sur place depuis 2008 comme proches de l'esclavage. Sans compter que pour les populations environnantes, les impacts de la plantation Bolloré sont considérables : expropriation de leurs terres, destruction irréversible de la forêt dont ils tirent leur subsistance, pollution des cours d'eaux par des produits chimiques...

 

Prix Pinocchio "Environnement" : AREVA

Multinationale de l’atome civile, Areva fait du transport dangereux de combustible nucléaire MOX entre la France et le Japon, au mépris des risques de prolifération. Début mars 2009, l'ONG Greenpeace a révélé qu'1,8 tonne de MOX, soit le « plus important transport de plutonium de l'histoire » allait être transportée en toute confidentialité et dans des conditions de sécurité très critiquables, vers le Japon à 20 000 kilomètres de distance, après de multiples aller-et-retours par la route entre la Normandie et le sud de la France. Le transport d'une telle quantité de MOX est extrêmement inquiétant, puisqu'elle permettrait de fabriquer l'équivalent de 225 bombes nucléaires. Le MOX est d'ailleurs classé par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) en catégorie 1, c'est-à-dire celle des matières directement utilisables pour fabriquer des armes nucléaires.

Outre les questions de prolifération, la chaîne de fabrication du MOX et son utilisation entraînent même l'augmentation de la quantité des déchets hautement radioactifs sur une période de temps très longue, du fait des transformations nécessaires du produit, qui génèrent des déchets à chaque étape. Malgré tout, Areva continue de promouvoir le MOX pour conforter son rang de 1er producteur au monde avec 95 % du marché en 2008, et de lui faire sillonner la France et le monde.

 

 

Prix Pinocchio "Greenwashing" : EDF

Notre électricien national se peint en vert pour faire croire à sa conversion aux énergies renouvelables. Il n’en n’est rien, les chiffres sont têtus, malgré le vaste plan com de la campagne : « Changer d'énergie ensemble » du printemps 2009. EDF consacre dans la réalité plus de moyens à communiquer sur ses engagements dans les énergies renouvelables, qu'à faire de la recherche sur ces dernières !

 

Le but de  la campagne « Changer d'énergie ensemble » était d'essayer de convaincre le grand public, et ses dizaines de millions de clients, que la multinationale agissait concrètement et de façon importante pour promouvoir des alternatives propres aux combustibles fossiles, ainsi que des solutions au réchauffement climatique : économies d'énergie et efficacité énergétique, éolien, hydraulique, etc.


La réalité est pourtant toute autre, et beaucoup moins flatteuse pour EDF. Si la campagne de publicité d'EDF « Changer d'énergie ensemble » a coûté au total 10 millions d'euros pour sa conception et sa diffusion. Le budget effectivement consacré par EDF à la recherche et au développement (R&D) des énergies renouvelables s'élevait en 2008 à 8,9 millions d'euros, alors que le budget R&D total d'EDF la même année s'élevait à 421 millions d'euros. La part consacrée aux énergies renouvelables, modèle énergétique de demain, représente donc seulement 2,1% du total.

 


 

 

Les résultats y seront annoncés le 24 novembre, avec une cérémonie de remise des prix le soir même par les Amis de la Terre et Peuples Solidaires à Paris. D'ici là, votez ;-)

 

Tag(s) : #Environnement

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