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Le 15 mai dernier, alors que les médias français commençaient à s’emballer sur « l’affaire DSK » jusqu’à en saturer l’espace médiatique pendant une semaine, le mouvement 15 M était lancé par « los indignados » espagnols à Madrid. 15 M, un mouvement de revendication démocratique qui compte peser sur les élections régionales et locales qui ont lieu ce dimanche 22 mai. Un mouvement social que l’on imagine inspiré de la révolution égyptienne, avec l’occupation de la place de Puerta del sol à Madrid, de la plaza de Catalunya à Barcelone, … Mais aussi par le caractère des revendications qui portent sur une demande de plus et de meilleure démocratie, et du travail pour tous. Et par la jeunesse mobilisée qui entraine la société espagnole, avec une foule intergénérationnelle, un mélange des catégories sociales…


En dehors des syndicats et hors des grands partis, des espagnols se sont organisés pour surgir dans l’agenda politique, pour le faire « turbuler ». Au travers des réseaux sociaux qui ont relayé et activer la dynamique de « Democracia Real Ya ! » / « Une vraie démocratie maintenant ! », los indignados bousculent une campagne électorale routinière. Ils ont un message global et des méthodes pacifistes, ce qui donne d’autant plus de forces à leurs revendications publiées sous forme de manifeste :


« Nous  sommes des per­son­nes cou­ran­tes et ordi­nai­res. Nous sommes comme  toi : des gens qui se lèvent tous les matins pour étudier, pour  tra­vailler ou pour cher­cher un boulot, des gens qui ont famille et  amis. Des gens qui tra­vaillent dur tous les jours pour vivre et donner  un futur meilleur à celles et ceux qui les entou­rent.

Parmi  nous, cer­tain-e-s se consi­dè­rent plus pro­gres­sis­tes, d’autres plus  conser­va­teurs. Quelques un-e-s croyants, d’autres pas du tout.  Quelques un-e-s ont des idéo­lo­gies très défi­nies, d’autres se  consi­dè­rent apo­li­ti­ques. Mais nous sommes tous très préoc­cupé-e-s  et indi­gné-es par la situa­tion poli­ti­que, économique et sociale  autour de nous. Par la cor­rup­tion des poli­ti­ciens, entre­pre­neurs,  ban­quiers, ... . Par le manque de défense des hommes et femmes de la  rue.

Cette situa­tion nous fait du mal quo­ti­dien­ne­ment ;  mais, tous ensem­ble, nous pou­vons la ren­ver­ser. Le moment est venu  de nous mettre au tra­vail, le moment de bâtir entre tous une société  meilleure. Dans ce but, nous sou­te­nons fer­me­ment les affir­ma­tions  sui­van­tes…

 

 

Los indignados sont des héritiers par l’action, de Stéphane Hessel. Ces indignés espagnols osent pacifiquement remettre en cause le système qui fait souffrir la société espagnole. Dans un pays où le chômage des jeunes atteint 45 % en moyenne, où l’oligarchie n’a d’autre programme que l’austérité pour le peuple tandis que les inégalités progressent, los indignados interrogent l’avenir pour le refonder ici et maintenant.


Los indignados réveillent l’Europe, cette vieille bourgeoise qui tente de maintenir sa compétitivité tout en servant les rentiers. Ils allument la mèche depuis Madrid parce que l’Espagne est un des pays de l’UE qui souffre le plus depuis la crise de 2008. Leur engagement pacifique veut être une réponse à l’impasse que propose la violence grecque des mouvements sociaux d’Athènes. L’indignation va-t-elle prospérer dans la jeunesse européenne, et plus largement dans la société civile ? La demande d’une réponse différente du « business as usual » défendue par une caste politique compromise un peu partout en Europe, va-t-elle être portée de façon accrue ? Quand l’avenir est bouché, y a-t-il autre chose à faire que de tenter de l’éclaircir ?

 

 

On est très loin d'une révolte étudiante comme en 68 en France et l’esprit de la place Tahrir à proprement parler, n’est exactement celui de Puerta del Sol. L’impact électoral (et politique) des indignés madrilènes est très incertain. Toutefois, cette irruption dans l’agenda politique espagnol doit être comprise comme une contestation de fond de l’organisation de la société, par des citoyens « ordinaires » qui passent à l’acte politique. La mise en scène et l’organisation de l’indignation des peuples en Europe, semble un sillon vecteur de changements. Avec internet utilisé comme propagateur, pour rendre une organisation informelle opérante à surgir dans la vie réelle. Les indignés seront-ils de plus en plus nombreux à passer à l’acte politique, à se rassembler pour agir ? Quelles seront les réponses de la classe politique ?

 

Tag(s) : #Europe

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