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Ce billet a été inspiré de la lecture d’un article d’Edgar Morin, publié dans le Monde daté du 10 mai. Une invitation à résister, à "Epouser les combats de son temps" envoyée par un de mes pères de la sphère des livres, un homme que je respecte profondément. Un homme engagé, qui aime à répéter « que serions-nous devenus sans la Résistance ? Nous aurions eu une carrière. Grâce à la Résistance, nous avons eu une vie… ». 

Alors qu’approche le 70ème anniversaire de l’appel du 18 juin, la « résistance » est institutionnalisée, bien vitrifiée dans un passé mythique, pour ne surtout pas qu’elle déborde du cadre et débarque dans le présent… Aussi, l’invitation à résister de Morin est bienvenue, elle est à décliner pour réformer des pans entiers de notre société.

 

La lutte contre le changement climatique et pour une nouvelle ère énergétique étant un des combats important de l’époque, je mets en pratique la pensée de Morin pour proposer un appel à la résistance pour changer d’ère énergétique.


Comparaison ne vaut pas raison, mais le développement de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables - le seul chemin viable pour l’humanité, que l’on empreinte très lentement depuis 30 ans - s’affronte aux intérêts des grandes majors de l’énergie et à la logique du capitalisme déconnecté de la finitude des ressources et des dépréciations de l’environnement. Le combat est inégale en moyens et influence, l’énergie verte est encore marginale dans la balance, mais les progrès sont là. Ils résultent d’engagés (pionniers du changement d’ère) de plus en plus nombreux (dans le monde et en Europe).

 

Aussi, c’est faire œuvre de résistance que s’engager pour changer d’ère énergétique au plus vite. C’est d’une armée d’invisibles que viendra la métamorphose globale, malgré le rapport de forces a priori défavorable à l’énergie verte. Alors que l’époque est en quête de sens, participer à quelque chose de plus grand que soi, pour épouser des combats de son temps, devrait l’emporter.

 

Cet engagement pour changer d’ère énergétique au plus vite est complexe, fait de compromis où les adversaires (les « utilities ») sont aussi des partenaires. Le système ne peut évoluer, dans une transition sans rupture, qu’en mobilisant les forces de l’intérieur, issues des appareils de la politique, de la finance, de l’industrie et du corps social. Si l’avènement de l’énergie verte menace les intérêts privés de quelques compagnies et de clans d’oligarques, il ne peut advenir qu’en mobilisant des intérêts privés qui s’imbriqueront dans une nouvelle économie gourmande en investissements. Miser sur la seule force des ONG est illusoire. Si elles sont nécessaires/indispensables, la mobilisation de forces de progrès au sein des « conservateurs » est également nécessaires/indispensables.  

 

Il faut intégrer cette complexité, « voir les deux aspects contradictoires et apparemment contraires d'un même fait, d'un même combat, …, réviser les schémas simplistes de nos façons de penser » nous apprend Edgar Morin.

 

Rappeler que le changement d‘ère énergétique a besoin de fonder une éthique du secteur de l’énergie verte. Alors qu’en France, des entrepreneurs indélicats prospèrent sur l’émergence du photovoltaïque, le secteur doit d’urgence se policer. S’engager pour le seul appât du gain financier, sans respect pour le client, sans goût du bel ouvrage, sans conscience professionnelle, sans effort pour intégrer des compétences, …, c’est trahir l’appel pour le changement d’ère énergétique. L’économie du secteur de l’énergie verte ne peut devenir une économie casino, sans contredire les valeurs sociales de durabilité que la fondent.

 

Pour conclure ce billet, dire que cet engagement commence par soi, par mettre en question son mode de vie, pour être le changement que l’on veut voire advenir, pour paraphraser Gandhi ;-).

 

Tag(s) : #heloim.sinclair

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