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Le patron de l’UMP, JF Copé, est un type qui ne doute de rien et ne veut surtout pas insulter l’avenir. Ainsi, dans une interview au Figaro avant le 1er tour, il jouait tout à la fois la victoire et anticipait la défaite de Sarkozy. Ça, c’était avant que le président sortant, ne se rétame au premier tour de l’élection présidentielle, sans aucun espoir ou presque de faire la différence au second.

Le président sortant peut certes compter sur le report d’une partie des voix de Marine Le Pen arrivée 3ème au 1er tour, pour le 6 mai mais ce report sera partiel. La représentante du FN appellera à battre Sarkozy pour se positionner pour 2017 et « armer » le FN pour les prochaines législatives face à l’UMP. Les voix du FN ne sont donc pas toutes solubles dans le vote Sarkozy et c’est là le gros problème du sortant... Alors que les électeurs de Bayrou pourraient ne pas se retrouver dans la chanson d’amour lepéniste que Sarkozy va devoir entonner pour séduire l’électorat de Marine Le Pen, la majorité se porte de façon arithmétique sur François Hollande. Ce dernier, gagnant du premier tour va profiter de la dynamique du succès et faire le plein des voix du côté de Mélenchon et d’Eva Joly… Ainsi, le gagnant du 6 mai semble presque désigné. A la sortie des urnes du premier tour ce 22 avril, Sarkozy ne peut espérer rassembler une majorité le 6 mai. Il a perdu l’élection, ce n’est qu’une question de confirmation démocratique dans quinze jours.

 

La défaite de Sarkozy au 6 mai est déjà dans les têtes dès le soir du 22 avril, et les caciques de l’UMP sont déjà dans l’après et devraient seulement faire de la figuration tactique dans les quinze prochains jours. Dans la courses de haies, il y a les législatives qui « sont un problème pour l'UMP, qui sera pris en tenaille par le Modem et le FN », alors que la bataille pour contrôler l’UMP n’attendra pas juin pour commencer.

La bataille des législatives est importante pour faire basculer Bayrou entre les deux tours du côté de Sarkozy, avec un « gentlemen’s agreement » pour dessiner un futur groupe centriste à l’Assemblée Nationale, sans toutefois présager de l’effet du ralliement du chef sur le report des voix acquises au premier tour. Nous verrons comment le candidat du Modem se positionne pour le 6 mai et pour le coup d’après, mais je ne vois pas assez de renforts suffisants pour l’emporter le 6 mai… 

Dans les deux prochaines semaines, il va être difficile aux représentants de l’UMP de ne pas avoir un langage de défaite, alors que c’est de la défaite de Sarkozy que dépend le repositionnement de chacun. Législatives de juin 2012 qui vont être saignantes pour les députés sortant sans espoir de conquérir de nouvelles circonscriptions, 2014 premières élections intermédiaires à mi-mandat où la reconquête sera à l’œuvre, 2017 et l’opportunité de l’alternance, chacun va jouer à son niveau selon son agenda caché… J Cela promet des couteaux qui sortent des manteaux dès le 22 avril au soir et d’avantage encore le 7 mai, car au-delà des scrutins prochain, il est question du contrôle du parti UMP et de la recomposition du paysage politique à droite…

 

Je ne me réjouis pas tant que cela de l’implosion de l’UMP et de la recomposition de la droite. Le candidat du PS est dans le fauteuil présidentiel pour cinq ans, et j’ai peur que la droite ne suive un scénario à l’italienne pour 2017, avec une coalition qui irait du centre-droit jusqu’à l’extrême droite « policée » incarnée par Marine Le Pen. La recomposition de la droite post-Sarkozy, ouvre cette sombre perspective, surtout si les socialistes devaient échouer à faire évoluer positivement le pays entre 2012 et 2017… 

Tag(s) : #Elections 2012

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