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Nicolas Sarkozy candidat a une nouvelle fois sonné la charge contre l’accord PS-EELV sur le nucléaire, ce dimanche 19 février à Marseille. Il a cogné contre l’engagement de Hollande, de vouloir baisser la part du nucléaire dans le mix électrique national pour laisser de la place au développement des énergies renouvelables. Lui souhaite une France enfermée dans le tout nucléaire, une France « forte » qui s’écroulerait au moindre accident nucléaire d’ampleur, qui n’est pas improbable dans l’un des 58 réacteurs nationaux.

Populiste en diable pour défendre l’atomcratie, Sarkozy s’est transformé à Marseille en défenseur de l’ouvrier du nucléaire, alors qu’il accuse Hollande de vouloir leur voler leur travail. « Ces ouvriers savent bien que l'on ne croit pas en son pays quand on est prêt à arrêter des dizaines de réacteurs nucléaires en contrepartie d'un accord électoral qui se fait sur le dos de milliers d'ouvriers de la filière nucléaire française », a lancé le président. Sur-jouant son rôle de défenseur de l’atomcratie, il a ajouté « je me demande quel prix on attache au travail, qu'est-ce qu'on est capable de dire en le regardant dans les yeux à un ouvrier dont on vole le travail pour glaner quelques voix sur le tapis vert de négociations partisanes ? ». Et de pour poursuivre offensif, « je préfère tenir le discours de vérité qu'être à la place de ceux qui font cela (...) voler le travail des ouvriers pour gagner des voix ».

La ficelle est grosse, car François Hollande n’a jamais voulu voler le travail des ouvriers du nucléaire, bien au contraire. Un nucléaire plus sûr et l’engagement dans le démantèlement – comme le souhaite Hollande - va conduire la filière nucléaire faire progresser le nombre de ses employés, ainsi que la qualité des emplois. Le démantèlement – sujet très mal appréhendé d’un point de vue économique et documenté de très peu de retours d’expérience – est un secteur d’avenir alors que les premières générations de centrales atteignent leur fin de vie. La France pourra exprimée ses qualités nucléaires dans le démantèlement, un enjeu majeur pour la filière et la sûreté, créateur d’emplois...

  

Le président/candidat qui veut converger économiquement avec l’Allemagne, ne veut absolument pas que la France fasse les premiers pas en direction du nouveau modèle énergétique allemand, qui a programmé la fin de l’électricité nucléaire dans son mix pour 2022/25. La France de Sarkozy n’a pas besoin de développer les énergies renouvelables, l’option de faire perdurer inéluctablement une part du nucléaire à 75% de notre production électrique génère le sacrifice des énergies renouvelables. C’est une chance de convergence avec l’Allemagne pour développer une industrie compétitive des énergies renouvelables, des réseaux électriques intelligents et de l’efficacité énergétique, que Sarkozy veut abandonner. Une chance qu’Hollande veut saisir, enfin pour la France.

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Serviteur zélé de l’atomcr’atie, l’encore président prêche comme candidat dans la droite ligne de ses décisions présidentielles. Ainsi, son ministre de l’énergie Eric Besson, lui aussi fervent serviteur de l’atome, a-t-il annoncé que Nicolas Sarkozy était pour étendre la durée d’exploitation des réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans. Porteur du feu présidentiel pour l’atomcratie, Besson a par ailleurs annoncé que la France devait se doter «d’un réacteur de moyenne gamme - 1000 MW – que nous allons développer en partie avec les Japonais (l’Atmea) et en partie avec les Chinois» et que le chef de l’Etat souhaite également que soit réalisée «une étude de faisabilité sur la possibilité de lancer des réacteurs de faible puissance, c’est-à-dire autour de 300 à 400 mégawatts». C’est la fuite en avant atom’cratique. La recherche à court terme d’une alternative à l’EPR avec un réacteur de moyenne puissance, et la recherche d’une dissémination du nucléaire civile à petite puissance.

 

La stratégie atomcratique de Sarkozy apparaît à côté de l’histoire – en retard d’une évolution mondiale où les énergies renouvelables se développent massivement, de façon accélérée. Délibérément choisir de diverger d’avec l’Allemagne en matière d’énergie revient à affaiblir l’Europe dans la bataille de la transition énergétique.

La stratégie énergétique de Hollande semble plus crédible. A défaut de pouvoir comme les allemands sortir du nucléaire (le nucléaire intervient à 22% du mix électrique allemand, à 75% pour la France) à court terme, il s’agit de ne pas les lâcher en termes d’innovation énergétique. L’énergie est au cœur du développement économique. Nous ne pouvons abandonner le secteur industriel et des services d’énergie verte, aux allemands (aux chinois, américains, japonais, …) en étant fidèle à une idéologie périmée. Le changement, c’est maintenant, il passe par un changement de la politique énergétique française.

 

 

Tag(s) : #Elections 2012

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