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Le 1er tour des élections présidentielles est dans un peu plus de cent jours (106 au 7/01/12). Nicolas Sarkozy, le président candidat officieux à sa succession est tricard dans les sondages d’opinion, le chômage grimpe de mois en mois et la fièvre sociale couve…  Depuis 2007, après nous avoir dit plusieurs fois qu’il avait changé, après avoir en partie défait les mesures prises en début de mandat, après avoir transféré des milliards vers le haut de la pyramide sociale en faisant de la diversion sécuritaire avec de vils bouc-émissaires, enregistré l’augmentation d’un million de chômeurs et des déficits abyssaux, il lui reste peu de cartes en main. Fidèle à sa nature, il va sur-jouer chacune d’elle.


Avec Claude Guéant et quelques autres, Sarkozy balise et foule la terre électorale à droite de la droite. C’est quasiment devenu une échelle de perroquets entre lui/ses portes flingues et Marine Le Pen, sur le dos des immigrés et des autres français qui ne sont pas de souche, sur le compte de la peur !!! Sarkozy ne peut guère aller plus loin dans cette direction, sauf à passer une ligne jaune qui le dévaluerait complètement au niveau européen et international. Marine Le Pen et le FN sont le gros caillou dans la chaussure du 1er tour de Sarkozy…

 

La carte sécuritaire va se jouer au gré et au fil des faits divers. Comme ils ne manquent pas, la guerre à la délinquance et aux récidivistes, va sans nul doute offrir des épisodes musclés d’ici le 22 avril 2012. Un énième « Sarko warrior », ça vous dit ? J 

 

 

Les cartes économiques et sociales me paraissent extravagantes. Jouer celle de la « TVA sociale » et celle de la taxe sur les transactions financières, à l’arrache, au final d’un mandat déjà marqué par de nombreux soubresauts en matière de politique économique, cela me semble complètement fou. C’est une donne de jusqu’au-boutiste qui voudrait passer en force, coûte que coûte…

 

Mettre en place la « TVA sociale », c’est renchérir la TVA et pénaliser à coup sûr les étudiants, les chômeurs, les fonctionnaires et les retraités. Les salariés devraient aussi passer à la caisse sans aucune certitude de voir un quelconque allègement de leurs charges salariales et un plus sur leur net. Et il n’est pas dit que les artisans et professions libérales profitent d’une baisse de charges patronales encore indéfinie. Bref, ça fait beaucoup/énormément de français méchamment cognés au porte-monnaie, essorés de quelques milliards d’euros pour baisser des charges patronales. Sans savoir si cela aura un quelconque effet sur nos exportations, notre industrie ne souffrant pas tant d’un manque de compétitivité que d’innovation. Les restaurateurs n’arrivent déjà pas à s’en sortir sur la fixation de leurs prix entre 5,5 et 7% de TVA, je n’imagine pas la complexité fiscale d’une « TVA sociale » qui naîtrait par volonté présidentielle en quelques semaines, à quelques mois des élections présidentielles et législatives. Déjà que la chasse aux niches fiscales fait aboyer les députés, alors ajouter 2 ou 3 % de TVA à tous les français, pour des bénéfices incertains, non chiffrés et récessifs, je ne vois pas comment Sarkozy va convaincre sa majorité parlementaire (et encore moins les français) du bienfait de cette mesure.

 

La taxe sur les transactions financières est une vieille lune passée par l’altermondialisme, qui est vraisemblablement opportune. Depuis la crise économique de 2008, elle est apparue dans l’agenda politique européen, à Berlin comme à Bruxelles. Londres et Washington sont résolument contre, mais Angela Merkel est farouchement obstinée à faire aboutir ce chantier fiscal au niveau de l’Union Européenne. Sarkozy, rallié de la dernière heure à cette taxe Tobin, voudrait bousculer l’agenda pour cause d’élection.  Ça va énerver Angela, les partenaires européens et la Commission, surtout la France ne peut avancer seule sur ce dossier qui est par nature de niveau européen, pour éviter la déstabilisation des places financières et celle de Paris en particulier. Mais c’est plus fort que lui, Sarkozy a besoin d’une posture anti-spéculation financière, dernière tunique sociale qu’il ait dans son dressing présidentiel

 

 

Nous sommes à cent jours et les cartes de Sarkozy me semblent fumeuses/foireuses, avec aucun atout solide. Je n’imagine pas une réforme aussi lourdes de conséquences que la « TVA sociale » passer à l’arrache, avec un vote favorable à l’Assemblée d’ici fin février. La vague contre cette mesure anti-sociale va être trop forte, la majorité UMP va reculer, cela restera au mieux une proposition du candidat Sarkozy pour son prochain mandat, si les français lui renouvelaient son bail. Et pour la taxe sur les transactions financières en France avant l’UE, Sarkozy va se faire taper sur les doigts par la chancelière allemande et revenir dans le rang. C’est une mesure stratégique suffisamment difficile à faire passer, pour que le couple franco-allemand et les européens puissent se permettre d’avancer en ordre dispersé. Présidentielle ou pas en France, les mains du président sont liées par l’agenda européen, et lui comme d’autres candidats peuvent être favorables à cette taxe, elle sera au niveau de l’UE ou ne sera pas. Bref, ces deux cartes qui font du bruit cette rentrée vont bientôt faire pschitt…

 

 

 

Tag(s) : #Elections 2012

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