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avatar heloim sinclair carré rouge104 jours de grève estudiantine au compteur de Québec, et je ne finis pas de m’intéresser à ce qui se passe au Canada. Carré rouge de soutien, abonnement à quelques nouveaux groupes FB, lectures sur internet, je constate que c’est une véritable révolution douce que mène la jeunesse québécoise, maintenant rejoint par des pans entiers de la population de la province. Elle refuse d’abdiquer devant la violence libérale et l’abus de pouvoir du gouvernement.


J’invite à lire, la très bonne analyse sur la libéralisation du secteur de l’enseignement qui engendre l’appauvrissement de la connaissance (question clé du conflit actuel), qui introduit un soutien sans faille aux étudiants en grève, dans une lettre ouverte d’Hervé Philippe, universitaire titulaire d’une chair de recherche au Canada en bioinformatique et génomique évolutive, au 1er ministre québécois. Je reproduis ci-après la fin de cette lettre ouverte, qui met en perspective la mobilisation des étudiants :

 

« Cent jours de lutte à mains nues face à un pouvoir sourd, autoritaire et violent, peuvent-ils s’expliquer seulement par la question des frais de scolarité et de l’excellence universitaire ? Que nenni. La jeunesse sent bien, voit bien que notre modèle de société est en train de s’effondrer ; tous les marqueurs sont au rouge : un environnement social dégradé, marqué par une montée indécente des inégalités ; un environnement biologique dégradé, avec une disparition accélérée des espèces et des écosystèmes ; un environnement physique dégradé, avec le réchauffement climatique et les multiples pollutions chimiques ; un épuisement généralisé des ressources, qui oblige à exploiter à grands frais les sables bitumineux, les gaz de schiste, les métaux au fond des océans ou dans le Grand Nord ; un système financier démesuré, mais qui ne survit qu’à force de subventions, générant une dette publique impossible à rembourser. Ces cent jours de lutte sont un extraordinaire cri de désespoir de notre jeunesse, désespoir qui s’est cristallisé sur la question des frais de scolarité, mais qui dénote un très profond malaise sociétal. » 

 

Les ressors du conflit québécois entre le gouvernement et la jeunesse est donc profond, et de part sa portée, il nous concerne tous de par le monde…

 

Hervé Philippe parle aussi de la loi liberticide n°78, qui selon l’association canadienne des professeures et professeurs d'université (ACPPU) et de nombreuses autres organisations, viole les libertés fondamentales d'association, d'assemblée et d'expression. Une loi votée par un gouvernement « libéral » qui fait basculer le Québec du camp des démocraties vers celui des dictatures. On peut lire dans le New York Times (en anglais) la violente charge de deux autres universitaires - Laurence Bherer et Pascale Dufour, professeurs en sciences politique à l’université de Montréal, contre cette loi n°78 qui transforme le Québec en Russie.

 

Pas concerné par cette loi n°78 parce que pas canadien/québécois, c’est un fait. Néanmoins, il faut se préoccuper qu’un pays considéré jusque-là comme une démocratie tranquille, adopte une loi d’exception qui fait régresser les droits fondamentaux de ses citoyens, alors que la province n’est pas à feu et à sang. Cette loi n°78 pourrait être transcrite demain, dans une autre démocratie occidentale, et le droit fondamental de s’associer, de s’exprimer, de s’opposer, de manifester s’effacerait face à la nécessité de l’ordre. Cette loi n°78 est Orwellienne, ce précédent québécois concerne tous les démocrates, y.c. les européens où la crise économique favorise les extrémismes et les réponses autoritaires… A suivre les recours qui visent à faire annuler cette loi, mais qu’un gouvernement soit disant démocrate choisissent cette voie liberticide, en dit long sur le combat des forces du libéralisme ultralibéral contre le peuple.  

 

Conclure ce billet avec de bons mots que nous offre Victor Hugo : « rien n’est tel que le dogme pour enfanter le rêve. Et rien n’est tel que le rêve pour engendrer l’avenir. Utopie aujourd’hui, chair et os demain. » Cousins québécois, tenez bon, une part de la valeur occidentale du mot « démocratie » est entre vos mains. Vous nous montrez le chemin avec votre détermination et créativité.


 

Illustration, un de mes avatars en carré rouge

 

Tag(s) : #heloim.sinclair

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