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Revenir sur un article de La Tribune publié fin juillet à propos du gaz naturel algérien, qui a retenu mon attention parce qu’il met en lumière notre dépendance énergétique. La France carbure au gaz naturel algérien, et la forte augmentation de la consommation de ce même gaz naturel au sud de la méditerranée d’ici 2014, risque de compromettre les engagements contractuels de notre confort à bon prix. Warning pour GDFSuez et pour notre pouvoir d’achat, 2014 c’est presque aujourd’hui !!! Qu’en sera-t-il d’ici 2020, c'est-à-dire demain au pas de temps des investissements gigantesques dans des infrastructures énergétiques ?


Pour alimenter ses propres besoins en forte augmentation (doublement d'ici 4 à 5 ans), l’ancienne colonie française pourrait rogner sur les quantités exportées ou bien encore en profiter pour renégocier ses prix - elle n’a pas de raison objective de se priver de « taxer » notre dépendance pour subventionner sa consommation - en dépit des contrats de longs termes signés…

 

Compte tenu du poids du gaz naturel algérien dans notre balance énergétique (près de 5 % des importations de combustibles et carburants de la France), cela est peu rassurant. Plus grave inquiétude encore, personne ne sait si l’Algérie a suffisamment de réserves pour honorer ses engagements à l’export et alimenter sa consommation.

 

Cela explique surement l’engagement d’EDF et de GDFSuez auprès de Gazprom, pour siphonner le gaz russe. Il faut bien préparer l’avenir, même si c’est soulager - relativement et temporairement - notre dépendance par une autre…

 

Cela montre aussi, que substituer des molécules importées par des calories renouvelables et locales, est d’une sagesse évidente. De même, que tout électron vert pour soulager la production d’électricité issue de turbines à gaz (TAG) est et le sera encore plus, tout à fait bienvenu.

 

L’alerte sur les tensions pour le gaz algérien d’ici 2014, est un signal, une invitation ferme de la réalité géostratégique pour la France et l’Europe, à accélérer le déploiement des énergies renouvelables (sans oublier la chaleur !) et l’efficacité énergétique. C’est aussi une opportunité pour une politique de voisinage, renouvelée qui développerait fortement la collaboration euro-méditerranéenne sur les énergies renouvelables.


Ce n’est que la pointe d’un iceberg de crise énergétique à venir. Cela ne détournera pas radicalement notre trajectoire de société Titanic, mais cela doit nous inciter à changer de cap. Au moins par prudence, si ce n’est par intérêt…

 

 

Si je me décentre au Sud pour analyser cette information, cela est plutôt encourageant pour la société algérienne.

 

L’augmentation forte de la consommation d’énergie est un indicateur de la vigueur de la croissance de l’économie algérienne, particulièrement au niveau de la production industrielle. Ce qui est bon pour combattre le chômage endémique… 

 

Par ailleurs, pour prolonger la vie de la poule aux œufs d’or – les ressources en gaz naturel ne sont pas infinies – les autorités algériennes devraient développer un intérêt croissant pour le solaire à concentration (CSP) et le photovoltaïque (PV). A la fois pour alimenter leurs propres besoins, mais aussi pour conserver d’avantage de marges de manœuvre pour l’exportation de gaz naturel, voir même d’électricité solaire à moyen terme.

 

Pour la production d’électricité, les centrales solaires combinées aux TAG ont de belles années devant elles en Algérie. Cela est également vrai pour le photovoltaïque. Une bonne nouvelle pour le Plan Solaire Méditerranée et pour Desertec, que ces tensions gazières parent le CSP et le PV de nouvelles vertus, alors que la politique algérienne est ultra dépendante du fossile et jusque là peu perméable aux énergies renouvelables ;-)

 

Intérêts économiques + transfert de technologies + crédits carbone + volonté politique nouvelle = PV & CSP booming en Algérie à court/moyen terme.

 

 

Pour tempérer cet optimisme écolo, dire que substituer du gaz par du solaire n’apporte pas forcément la démocratie pour le partage des richesses. L’oligarchie qui profite aujourd’hui de la rente fossile algérienne, pourrait très bien s’accoutumer à l’avenir, à prélever sa dîme sur la production d’énergie solaire. D’autant que ces acteurs sont incontournables pour développer des projets… Bref, ce n’est pas progressiste à tous points de vue, mais un constat réaliste : décarboner un petit peu l’économie algérienne ne suffira pas à libérer tout le potentiel de ce vaste pays…

 

Tag(s) : #Plan Solaire Méditerranéen

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