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best job in the woord grutier marseilleJ’ai le cœur à gauche et le bulletin de vote qui va avec, toutefois, il y a un conflit social qui m’apparait hors normes, inaudible et illégitime : celui du port de Marseille. Un article en forme d’enquête sur la gestion du port marseillais depuis l’après guerre, doublé d’un édito de Philippe Escande dans les Echos du 14 octobre, sont consacrés à ce conflit social qui impliquent 36 grutiers marseillais, tendance branche dure de la CGT locale. Ces employés sourds au dialogue et au compromis, au statut enviable et à l’emploi garanti, bloquent le trafic et menacent directement 3 000 entreprises qui emploient 40 000 personnes. Autant dire que ce poumon économique important pour Marseille, est malmené par une poignée d’irréductibles.

 

Ce « blocage des 36 » est un des symboles de la France qui marche sur la tête. Si certaines grèves me semblent légitimes, celle-ci dévoie l’idée même d’intérêt général invoqué dans tout conflit social. C’est en fait un baroud d’honneur d’un petit groupe de syndiqués qui bataillent pour défendre des intérêts égoïstes travestis en lutte des classes. Parés dans leur dogme, ils insultent l’avenir… Au final, ce sont des chômeurs qui resteront chômeurs, des employés qui les rejoindront, et la perte inexorable de Marseille comme plateforme maritime de la méditerranée. Une perte lourde, héritée de l’histoire et des pratiques politiques et syndicales locales, qui ne serait pas fatale sans l’entêtement de quelques CGTistes coupés des réalités économiques et sociales de la ville.

 

 

Pour gagner l’opinion publique et faire pression sur le personnel politique, pour faire plier la poignée d’irréductibles de la CGT du Port de Marseille, les acteurs économiques ont mis sur pied le collectif « touche pas à mon port » qui s’est fendu d’une campagne de communication nationale (tract ici). Leur affiche – qui n’a pas été attaquée pour diffamation – dit tout de la bataille d’intérêts égoïstes qui anime les grévistes. Le meilleur job du monde avec vue sur la rade, a un prix : l’asphyxie de l’économie locale, la perte de compétitivité de Marseille dans la réémergence de l’économie méditerranéenne. Gêne et Barcelone disent merci…

 

 

Je ne suis pas un fervent partisan de toutes les thèses défendues par le patronat local au sein de l’UPE 13, toutefois, leur action pour sauver le Port de Marseille me semble légitime, au nom de l’intérêt général et du développement de Marseille. A force de trop tirer sur la ficelle, ces dockers vont pénaliser les précaires et les employés que le syndicalisme est censé défendre…

 

Tag(s) : #Marseille 2008 et au delà

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