Partager l'article ! Un peu d’espoir européen pour Hollande, Merkel ouvre la fenêtre: C’est devenu difficile de rester europhile ces derniers mois/années, de ...


"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui.
Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser
d'être.
On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre.
Entre les rives du même et l'autre, l'homme est un pont."
Jean Pierre Vernant, La traversée des frontières
C’est devenu difficile de rester europhile ces derniers mois/années, de
continuer d’afficher le drapeau de l’Europe en haut à droite de ce blog sans qu’il n’apparaisse comme un repoussoir à certains lecteurs… Malgré toutes mes désillusions européennes et l’imbroglio
politico-administratif de Bruxelles, je reste un fervent partisan du rêve européen à concrétiser dans l’union.
Ma conviction est que nous ne pouvons rester en paix à long terme et agir à la bonne échelle sur nombre de sujets globaux, qu’avec une Europe qui intègre, qu’avec une Europe solidaire qui invente/adapte ses outils d’intervention, qu’avec une Europe politique qui cultive le sens de l’intérêt général et du long terme… La solution du nationalisme est une impasse dangereuse, l’affrontement des égoïsmes nationaux n’apporte aucune solution aux crises globales que nous vivons et allons vivre.
A l’heure où le nationalisme prospère dans nombres d’Etats membres, le personnel politique français a soufflé sur les braises du rejet européen, à l’exception de Bayrou et de Hollande. Notons que ce dernier ne s’affiche pas particulièrement europhile dans sa campagne… Il est politiquement malhonnête de prétendre que l’Europe se résume à l’austérité, à une contrainte budgétaire, toujours plus de libéralisation et des frontières passoires, comme on l’a entendu. Oui, l’Europe ce sont des règles de vivre ensemble, règles qui peuvent évoluer et être réformées le cas échéant, par la voie politique car l’Europe est politique. Ce n’est pas de moins d’Europe dont nous avons besoin, mais de mieux d’Europe. On peut dépasser les traités et inventer de nouvelles voies de salut européen pour les Etats membres, avec de la volonté politique constructive et collaborative…
Si Hollande ne s’affiche pas europhile, il ne cultive pas non plus l’europhobie ni n’attise le nationalisme (ça va nous changer à partir du 7 mai J). Il n’arrivera vraisemblablement pas à faire fléchir l’Allemagne sur le respect de la contrainte budgétaire, mais un compromis intéressant se dessine avec la Chancelière allemande. « Madame la rigueur » a fait savoir que si la renégociation du traité budgétaire n’était pas envisageable (ce que demande Hollande), que la question de « la croissance » serait inscrite à l’ordre du jour du prochain sommet européen de Juin (28-29), avec « un agenda de croissance » au menu. En signe d’ouverture pour Hollande, Angela Merkel s'est dit par ailleurs favorable à un renforcement des capacités de la Banque européenne d'investissement (BEI) et à une utilisation plus flexible du Fonds d'infrastructure de l'Union européenne afin de soutenir la croissance. Ce renforcement de la BEI fait partie des propositions de Hollande J
Il ne va pas tomber d’un coup une manne d’argent public européen sur Paris avec François Hollande arrivé à l’Elysée, bien entendu. Pas plus que la contrainte de discipline budgétaire ne va s’évanouir ni se desserrer. Mais la fenêtre qu’ouvre Merkel à Hollande est de bon augure pour modifier le traitement du corps malade de l’Europe. L’austérité pour seul médicament va finir par faire mourir le malade guérit. Imaginer un pacte de croissance européen, où la signature européenne puisse financer des projets d’infrastructures et d’adaptation à la transition énergétique, est un chemin de progrès qui est salutaire pour l’emploi. La main tendue d’Angela à François est aussi un coup de pied au cul de Sarkozy. Celle qui soutenait « officiellement » Sarkozy par solidarité de famille politique en début d’année, dégage le ciel européen de Hollande pour lui offrir une éclaircie avant qu’il ne soit éluJ.
Pour l'instant je ne vois pas très bien l'Europe. Je ne comprends pas bien comment tout ça fonctionne mais j'ai le sentiment que c'est ce qu'il nous faut. J'ai le sentiment que grâce à l'Europe on évite des guerres et autres galères. Ce que j'aimerais c'est que l'on nous explique mieux ce qu'est l'Europe, pourquoi elle est là, et le bénéfice que l'on a tous, européens, à faire qu'elle tourne rond. Qu'on implique plus les européens, ceux qui peuvent avoir l'impression que l'europe ne sert à rien. Et je trouve très bien et intelligent que Merkel ouvre ou entre-ouvre la porte. Si Hollande est élu elle n'aura d'autre choix que de parler avec lui ! SI il est élu… le premier tour n'a quand même pas été une victoire écrasante !
Je suis comme vous, j'étais un européen convaincu, à présent je ne suis que vaincu. Vaincu par la mécanique dont personne n'ose revendiquer la stratégie puisqu'elle se fait de génération de tchnocrates en génération de tecnocrates sans aucune idée de continuité. Ce sont les loys les plus puissants un jour donné qui emportent la queue du Mickey, le lendemain un autre etc. Où sont les élus ? Que font-ils ? Personne ne le sait....