A Latran, Nicolas Sarkozy, président d’une République laïque héritière des
Lumières et récipiendaire d’un humanisme universaliste a dit : « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne
pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement
porté par l’espérance ».
Bayrou, Sarkozy, l'instituteur, le curé et la chattemite
par buildfreedom
Maintenant, entendez Rachida Dati et Xavier Bertrand soutenir que ça n’a jamais été
dit face à Bayrou ! Dati et Bertrand, petits soldats du sarkozisme et du déni
de réalité, fracassent ici les canons de probité politique, pour défendre l’indéfendable. Heureusement que Bayrou est entré en résistance, ça fait du bien d’entendre une opposition politique (qui
plus est de quelqu’un qui s’avoue catholique pratiquant) qui siffle la fin de la partie sur la remise en cause de la laïcité française. Que font les députés Ump progressistes et rationnels ?
Comment se positionnent les élus de la majorité qui sont athées, agnostiques, ou encore franc-maçon ? Et même encore les parlementaires croyants qui seraient d’avis qu’une loi qui a plus de
cent ans et qui concoure à la concorde nationale, ne doit pas être remise en cause, que font-ils ceux là ? Vont-ils donner dans le béni oui-oui de Dati et Bertrand, ou ramener le chef de la
République à la raison ?
Ce que je lis sur Médiapart, après l’interview[…]
Avec son voyage à Rome puis en terre wahhabite, avec ses mots
surtout prononcés à l’occasion, l’omniprésident dépasse les bornes de la laïcité. C’est pour moi une chose très grave. Car la loi de 1905, qui marque un long parcours de pensées depuis 1789, est
sans doute ce qui participe le plus à mon identité française.
Je suis un peu le fils de Voltaire, Condorcet et Jules Ferry,
et même de Platon s’il faut aller puiser jusqu’aux racines hellénistes. Je ne nie pas mes sources judéo-chrétiennes. Pour preuve, baptisé, j’ai fait ma communion et j’ai ensuite choisi un pseudo
hébraïque tout en revendiquant mon athéisme … J’ai trouvé en France la liberté de ne pas croire, et cette liberté fondamentale ne peut être remise en cause par un omniprésident qui voit dieu
partout et voudrait que sa laïcité « positive » promeuve la(es) religion(s).
Je dis STOP et j’entre en résistance ! Pas touche à la
loi de 1905, les affaires de transcendance divine doivent rester du domaine strictement privé.
Sarkozy n’a pas le droit d’avoir l’héritage sélectif. Au nom
de quelle rupture nécessaire, la France devrait-elle se transformer en phare multiconfessionnel, en société théocratique des religions du Livre ? En quoi la
laïcité française, telle qu’elle est pratiquée depuis plus d’un siècle, telle qu’elle a été la matrice de courants philosophiques féconds, telle qu’elle a libéré la science et la conscience de
chacun, la femme et la sexualité … devrait elle être chamboulée, pour que la République se peuple de femmes et d’hommes qui espèrent le salut divin ?
Sarkozy n’a pas le droit de réécrire l’histoire. La France a
des[…]
Pris dans la tourmente de mon agenda, j’ai manqué d’un jour, l’anniversaire de la loi de « séparation des églises et de l’Etat » du 9
décembre 1905. Cette loi fondamentale à mes yeux, énonce dans son article 1er : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice
des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public ». Par la même, elle mettait fin à plus d'un siècle de concordat, en allant
jusqu'au bout de l'œuvre de sécularisation initiée par la Révolution française. Jean Jaurès pouvait ainsi dire : « La loi de séparation, c'est la marche
délibérée de l'esprit vers la pleine lumière, la pleine science et l'entière raison ». Et Ferdinand Buisson, président de la Commission parlementaire chargé d'élaborer la loi
rajoutera : « « La séparation n'est pas le dernier mot de la révolution sociale, mais elle en constitue indéniablement le premier ».
J’ai déjà beaucoup voyagé de part le monde et plus particulièrement en Europe. Cette loi singulière m’a fait constater combien elle participe à la
construction de l’identité française. La démocratie politique impose que la République ne connaisse que des citoyens et non des communautés. C'est la condition fondamentale pour assurer une
véritable liberté de conscience, un trait que cultive l’esprit français. Je suis infiniment reconnaissant à mes aïeux de 1905, qui m’ont permis qu’entre l'homme ou dieu, je puisse choisir
l'humanité. Un choix en forme de proposition philosophique, soumise au débat, qui s’offre à chacun tout en ne s’imposant à personne.
[…]
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