Les 40 ans de mai 68 sonneront d’ici quelques jours. La presse et les médias qui s’y préparent depuis des
mois, vont battre au rythme de la commémoration « révolutionnaire », sans pouvoir liquider l’héritage qui s’est mué en conservatisme individualiste. Y-a même les jeunes conservateurs UMP des Grandes Ecoles, qui essayent de faire un hold-up sur les valeurs progressistes de 68. Un comble ! D’un autre côté, on
commence à voir fleurir une allergie à Mai 68. Un refus des faux parallèles et des raccourcis biaisés, au nom d’un revival
adouci à la gloire des papys boomers. Une génération qui impose un magistère moral dans les sphères du pouvoir économique, politique et médiatique depuis 30 ans, et qui de surplus nous
impose aujourd’hui sa jeunesse évanouie/retrouvée par la magie de la commémoration, c’est lourd !
1968 et 2008 n’ont sans doute pas grand-chose en commun, si ce n’est le besoin de changement qui émerge
« naturellement » sur les 5 continents. Cette fois, ce n’est plus la guerre froide, c’est l’effondrement du faux vainqueur de 1989, qui se répand de la crise des subprimes à la
flambée des prix des matières premières, alimentaires et énergétiques. 2008, fin de l’arrogance du capitalisme financier, un nouveau système est à inventer. Ce n’est plus le temps d’envoyer le
1er homme sur la lune pour entamer une « guerre froide » des étoiles. C’est l’urgence de mobiliser nos énergies politiques, scientifiques, industrielles et financières, pour
lutter contre le changement climatique et préserver l’environnement. Un basculement complet de notre complexe industriel et tertiaire doit nécessairement s’opérer, pour[…]
Illustration d’Ann Elliott Cutting, qui collabore avec le journal Time.
J’ai craqué sur cette image, elle dit beaucoup tout sans un mot. Elle est issue du Time daté du 28 avril, n°17/2008, pour illustrer le dossier spécial sur l’environnement
« How to win the war on global warming ». La lutte contre
le changement climatique pourrait être le prochain sursaut patriotique outre atlantique, après les élections de novembre… Voilà, ma patrie c’est la terre, et Ann Elliott Cutting l’illustre
parfaitement.
En passant ici ou là, ou encore là, de
blogs en articles de presse (ici, là ou
là), partout, je rebondis sur le racisme administratif et politique de notre époque.
Comme si la règle des papiers valides et le quota des 25000 expulsions de sans papiers, étaient devenus la norme sociale acceptable pour la société française. Comme si les électeurs du FN étaient
devenus fréquentables, depuis que leurs idées ont été recyclées par l’UMP et mises en œuvre par Brice Hortefeux.
Que reste-il de notre capacité d’indignation et de révolte contre cette politique d’expulsion massive qui
fabrique des drames humains ?
Permettez un parallèle avec les zozos de l’Arché de Zoé, libérés par la grâce de Déby et le zèle de Sarkozy. Ces pieds nickelés de l’humanitaire qui ont soulevé la France d’émotion et agité le chef de la sarkozie tout
l’hiver, sont 6, et les JT en ont fait des tonnes pour réjouir la ménagère de leur libération, des héros ou presque … Condamnés dans un pays du tiers monde pour trafic d’enfants, ces
« bons » français, bien blancs, ont recouvert la liberté en terre sainte patriotique. Cocorico, même enterrée, la françafrique élyséenne est vigoureuse et peut encore
servir. Les 6 zozos disent merci et le bon peuple est soulagé. Bien joué Sarkozy.
Ces 6 pseudo-drames individuels de 6 français aventureux, pèsent bien plus dans la fabrique nationale
d’émotion collective, que ces 25 000 autres drames bien réels des expulsés de notre « beau » pays. Trop bronzés, trop pauvres, pas assez gaulois, … le gouvernement français soutien
le transport aérien avec ses charters de la[…]
Il aura fallut attendre que l'éthique explose en vol, alors qu'elle est sensée être véhiculée par les JO,
pour dénoncer la dictature chinoise. On croit rêver ! Quand les principaux sponsors du show sportif mondialisé ont leurs usines en Chine, et que toutes les multinationales en ont fait leur
atelier. Il faut la concordance du lancement des JO et des images de tibétains violentés, de l’envoi de contestataires du régime croupir dans des geôles, pour que l’opinion publique mondiale
s’émeuve. Alors, l’émotion collective pour une flamme et quelques sportifs en short sur fond de Tibet, je rigole.
Ça fait des plombes que les élites de la mondialisation nous bassinent avec l’eldorado chinois, terre de
profits pour quelques-uns et d’augmentation du pouvoir d’achat du consommateur occidental. Les messieurs en beau costume ne sont pas embarrassés de scrupules et d’éthique. Avec
pour seule valeur leur quotte en bourse, ils profitent sans honte d’une dictature chinoise qui leur fournit de la main d’œuvre à bon marché.
Alors, après les JO qui auront lieu de toute façon - les chinois tiennent les américains par les *ouilles
avec leur stock de bons du trésor US – l’indignation planétaire pour ces pauvres tibétains sera retombée, RSF criera seul dans le désert, et restera le made
in china qui dégueule des rayons de tous nos commerces.
L’indignation sélective, c’est regarder le doigt sans voir la lune. Pendant que l’on glose sur le boycott des JO, les messieurs en beau costume continueront de faire prospérer leurs
affaires en cette belle dictature chinoise… Alors, faire flotter le drapeau[…]
Merci Hana Makhmalbaf de nous
faire voyager si loin vers l’enfance, si loin vers cette terre afghane où Bouddha s’est effondré de honte… « Le cahier » est un peu une
contine universelle, de l’appétence d’apprendre enfantine confrontée à un monde d’extrémistes en guerre. Grandir et s'élever sur les décombres... Pas de grands acteurs (même pas de grandes
personnes), ni d’effets spéciaux, juste une petite fille nommée Baktay qui se dégourdit au sortir de sa grotte pour arriver à acheter un cahier et aller à l’école. On est loin des préoccupations
de l’occident, de son opulence repue qui relègue l’école à une écurie d’élites et d’élevage de 2nde zone pour une éducation utilitariste. Selon Hana Makhmalbaf, que je veux bien
croire, l’essentiel en Afghanistan au pied des bouddhas détruits, c’est d’accéder au b-a-ba qui fait l’humanité. L’alphabétisation d’une petite fille, d’une génération qui joue à la guerre pour
copier la folie des grands …
Des pages blanches à emplir de mots, cela n’a l’air de rien, mais en être privé/éloigné/empêché/… est le sujet du film. Là, pas de moleskine à 15 €, juste 10 roupies pour le cahier de
papier, et dix de plus pour le crayon et son taille crayon. Une petite fortune quand on est enfant, 6 ans, le sourire comme seul bagage. Un cahier, la dignité d’un être en devenir, tellement
rien, tellement tout, que l’on a du mal à imaginer que des enfants si loin en soient privés.
« Le cahier » -
« Buda as sharm foru rikht / Bouddha s'est effondré de honte » en titre original - est un film à voir pour relativiser. Pour toucher le point sensible de ce
qui est fondamentale et universel, ce qui est[…]
Le baril de "light sweet crude" a crevé le plafond des 108 dollars à NewYork ce lundi, tandis que le baril de
Brent a franchi la barre des 104 $ à Londres. Mars 2008, nouvelle flambée de l’or noir, alors que la semaine dernière avait déjà enregistrée un pic de 106,54 $ à New York, et de 103,98 $ à
Londres. Un article des Echos fait le point sur les principales raisons de cette envolée. Stocks US relativement bas,
production de l’OPEP non augmentée, tension politique en Amérique du sud, … dont les effets additionnels sont décuplés par la spéculation et la dégringolade du billet vert.
Jusqu’à présent, l’économie mondiale avait été relativement robuste vis-à-vis de l’augmentation du prix de l’énergie. De 15 à 100 $ le baril en quelques années, elle a montré une
exceptionnelle réelle capacité de résilience. Sauf qu’au tournant de 2007, l’inflation a surgit sur la scène internationale et la récession frappe à la porte des USA. Ceux-ci sont
embourbés dans une économie de guerre au budget militaire abyssal et un consumérisme d’importation effréné, tous deux financés à crédit. Après la crise des sub-primes, on attend
la prochaine carte branlante qui tombera du château financier américain. L’augmentation durable du prix de l’énergie fossile, devrait précipiter la chute de cartes, tout en confortant les fonds
souverains des rentiers de la ressource (pétrole, gaz, uranium).
On a changé de paradigme politique. Je ne sais pas si le logiciel de nos décideurs a été mis à jour, mais les prévisions institutionnelles passées d’un pétrole à 50 $ en 2015 sont battues en
brèches. Les prévisions et prospectives macroéconomiques dressées à l’heure d’une énergie à[…]
Enerplan, l'association professionnelle de l'énergie solaire, organise pour la première fois en France les
journées européennes du solaire les 16 et 17 mai 2008. Cette campagne européenne d’intérêt public a pour but de sensibiliser les citoyens européens aux
atouts de l'énergie solaire. Elle est soutenue par la Commission Européenne,
Les journées européennes du solaire sont organisées
dans le cadre du projet européen European Solar Days, et développer conjointement par l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovénie,
ainsi que la Suisse. L'objectif est de mobiliser en Europe plus de 100 000 citoyens sur le thème du solaire (sur au moins 4000 événements).
L’événement en France pour la première fois en 2008
Les installateurs Qualisol et
QualiPV, les industriels du solaire et leurs distributeurs, les centres de formation professionnelle pour l’énergie solaire, les Espaces Info Energie (EIE),
les collectivités, les associations, les écoles et universités, mais aussi les architectes, les acteurs de l'énergie et de l'habitat, les banques, les médias… sont invités à se mobiliser pour
organiser des manifestations locales à l'occasion des Journées Européennes du Solaire.
Plusieurs centaines de manifestations sont prévues partout en France, pour
informer le grand public et les décideurs sur les possibilités d'utilisation de l'énergie solaire et démontrer ses multiples intérêts. Le site internet
développé pour l’occasion, offre[…]
Le journal du soir français est en crise. J’ai bien entendu un
attachement particulier au Monde, étant un lecteur impénitent qui fait le tour de quelques kiosques marseillais pour le lire avant le dîner ;-) Plus sérieusement, il s’agit du deuxième cas
d’école pour l’indépendance des médias en France depuis l’élection de Sarkozy, après le sort qu’ont subi les Echos.
Y a-t-il encore un avenir pour un journal contrôlé par ses
rédacteurs ? Quelle indépendance pour la vérité ? La Société des Rédacteurs du Monde, conduite par Jean-Michel Dumay, pourra-t-elle continuer de s’imposer aux
forces du capital ? Alain Minc, va-t-il dans un dernier coup de billard en bandes, livrer le quotidien de référence à Lagardère ? Ce sont autant de questions dont les réponses sont au
cœur de mon attachement au journal, et de la liberté de s’informer.
Regardez et écoutez JM Dumay sur Arrêt sur Image
(ASI) pour prendre la mesure de l'atypisme qui est, aujourd'hui encore, celui du Monde. Les journalistes y ont encore un pouvoir extraordinaire, anachronique en ces temps modernes, celui de
la minorité en capital qui décide face aux actionnaires extérieurs. Avec cette hiérarchie des pouvoirs, ce sont les rédacteurs qui font la valeur du média et qui sont sensés influencer la
gouvernance du groupe Le Monde. L’objectif de la SRM est l’équilibre financier et l’indépendance éditoriale du journal. Les investisseurs financiers souhaitent 12 %, et surtout contrôler le
virage numérique de la marque « Le Monde ». Ajouter que le « frère » de Sarkozy voudrait y élargir son influence est-il nécessaire ? Ce qui ce joue en ce moment, c’est
une lutte[…]
Vidéo dénichée sur l'espace arc en ciel, que je vous recommande chaleureusement. Un vrai délice, contre les OGM... Les enfants devraient adorer, et les grands aussi. Et rappelez vous : que la ferme
soit avec vous ! ;-)
Store Wars
envoyé par Hugues2
Premier dimanche de janvier, revenu à Marseille, le soleil a
du mal à percer les nuages, balade sur la blogosphère, revue de presse, écriture... Pérégrination numérique pour une agréable rencontre : le blog de
Hypos, « le témoignage d'une femme engagée : expériences, vécu, impressions, réflexions personnelles ». Une copine à Quitterie Delmas dont j’avais déjà parlé ici.
Si hier j’ai changé le texte mon Blog It
Express, pour renvoyer vers l’engagement humaniste de la Cimade, cela ne suffit pas. Comme
Hypos, la nouvelle politique de civilisation des vœux omniprésidentiels me reste en travers des oreilles, surtout que le bougre s’est permis d’ajouter qu’il mettrait
« au cœur de la politique le souci de l'intégration, de la diversité, de la justice, des droits de
l'Homme, de l'environnement … ».
Sarkozy a-t-il encore le sens des mots et la
valeur du verbe ? Comment peut-il parler de droits de l’homme, alors
qu’à la veille de ses vœux, la création de son fichier ELOI a été paraphé par Fillon, Horteffeux, Alliot-Marie et Morin. Comme nous l’apprend Rue89, retoqué en 2006, le ficher Eloi -comme éloignement-
fait son retour sous une nouvelle mouture, publiée dimanche au Journal officiel. Le décret édicté par le ministère
de l'Immigration crée une base de "données à caractère personnel relatives aux étrangers faisant l'objet d'une mesure d'éloignement" afin "d'établir des statistiques relatives à ces mesures
et à leur exécution"
Ainsi va la chasse aux sans-papier, dont ELOI est un nouvel
avatar pour plus d’efficacité comptable (et de drames humains). Avec d’un côté, la traite des cerveaux avec l'immigration[…]
Petit passage en soft dictature pour les congés de nouvel an. Agréablement surpris de découvrir un
pays en transition, possible trait d’union des civilisations méditerranéo-arabo-européennes. Avec plus de 3000 ans d’histoire qui incarnent ce trait d’union, ce rôle va assez bien à la Tunisie du
21ème siècle. De Carthage la punique à Carthage la romaine, de la Christianisation à l’Arabisation et islamisation de la Tunisie, du
Protectorat français à la lutte nationaliste jusqu’à la Tunisie indépendante et la soft dictature… Une économie dynamique, une société civile tolérante, une
classe moyenne importante qui croie à l’ascenseur social, un taux d’éducation élevé, une natalité maîtrisée, … la Tunisie finirait presque par être un modèle.
Sauf que la société civile étouffe du parti unique et de Ben Ali à perpète, presque 20 ans que cela dure... Une élite, une classe moyenne, et tout le reste du peuple, ne peuvent faire
civilisation en ne pensant qu’à faire du fric (la seule liberté autorisée). Il leur faut d’avantage que la croissance du PIB comme ligne d’horizon, avec les louanges omniprésidentielles comme
points cardinaux.
Ça fait bizarre de voir le portrait omniprésidentiel tunisien absolument partout, dans chaque
bureau de l’administration, dans chaque entreprise, dans les restaurants, chez le barbier, au coin de la rue… Ma fuite de l’omniprésidence française n’aura pas été vaine, j’aurai rencontré son
déploiement au paroxysme, forme exacerbée jusqu’à la caricature. Sarkozy n’a rien inventé avec son omniprésence médiatique, on va finir par croire qu’il copie Ben Ali, en plus soft et moins
grossier par les méthodes…
Retour à la découverte de la[…]
Nouvelle année, nouvelle page vierge de vie à écrire au fil des jours, pour ajouter aux chapitres
précédents… Rite du commencement d’un nouveau cycle fixé arbitrairement au 1er janvier. Les juifs ont changé d’année lors de Rosh
Hashana qui tombait le 13 septembre en 2007, et tombera le 30 en 2008. Nos amis chinois attendront le 7 février 2008 pour ouvrir l’année du rat. La mondialisation n’a pas emporté toutes les
portes symboliques, nous feignions juste de croire que notre calendrier à supplanté les autres, quand l’horloge mondiale marque 2008 au rythme des fuseaux horaires. On s’embrasse entre soi, on
envoie ses vœux par sms, courriel, de vive voix, par une petite carte …
Fêter la nouvelle année, souhaiter aux autres santé, réalisation de leurs aspirations,
épanouissement, … pour tenter de toucher le bonheur au quotidien, c’est un moment de convivialité globale et
salutaire. L’occasion de revisiter son carnet d’adresses, de glisser quelques mots choisis pour ses vœux, entre les embrassades avec les proches. A big free hugs moment, ça fait du bien. Peut être devrait-on inventer d’autres nouvelles portes symboliques à franchir ou franchir celles des autres, pour
prendre le temps de réfléchir à ce passage, pour vivre d’autres moments de convivialité globale.
Peut-être revisiter la
pyramide de Maslow, souhaiter un mouvement ascensionnel qui fasse civilisation. Que chacun sur notre planète puisse accéder au niveau de l’épanouissement de soi. Qu’en France, le président de
la droite bling bling, dépasse le niveau de l’amour de soi, son narcissisme qui frise le cas clinique, alors qu’il le met en scène tous les jours et sur tous les médias...
Souhaiter[…]
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